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Synthèse journée du 1er décembre 2006 à l'hôpital Tenon

Informations concernant les pratiques sexuelles dites " hard "

Informations concernant l'usage de drogues

 

Généralités sur les IST
  Syphilis
  Infection à Herpès
  Infection à Gonocoque
  Condylomes
  Infection à Chlamydiae
  Infection à mycoplasme
  Infection à Gardnerella
  Trichomonas
  Candidoses
  Pédiculose
  Gale
  Lymphogranuloma venereum (LGV)
   
VIH

 

Traitements du VIH

 

 
Traitement Post Exposition
   
Hépatites
   

 

Généralités sur les IST

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Qu'est-ce qu'une infection sexuellement transmissible (IST) ?

Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont des maladies infectieuses susceptibles de se transmettre lors de rapports sexuels d'un ou une partenaire infecté(e) à un ou une autre.
Les agents infectieux qui en sont responsables se transmettent par le vagin, la bouche, l'anus, le gland selon les maladies. Les IST ne se transmettent pas par les gestes de la vie quotidienne (poignées de main, utilisation d'objets courants, etc..) ni par l'utilisation d'équipements publics (toilettes, piscine, etc..).
Ainsi, la syphilis, l’hépatite B et C, la gonococcie, la gale… sont des exemples de maladies sexuellement transmissibles.

Comment se protéger ?

Seul le préservatif (masculin ou féminin) permet de se protéger simplement et efficacement d'une contamination.

Comment éviter de contaminer un ou une partenaire ?

En cas d'infection, il est impératif de prévenir son ou sa ou ses partenaires pour qu'ils puissent consulter un médecin et se faire traiter au plus vite. De cette façon la chaîne de transmission du ou des agents infectieux est rompue. Si votre partenaire ou l'un(e) de vos partenaires est infecté(e), même si vous ne ressentez rien, il est nécessaire de consulter un médecin qui déterminera si vous êtes infectés. Certaines IST peuvent récidiver, même après un traitement bien conduit (réinfection à partir d’un(e) partenaire non traité(e)). C’est pourquoi il est indispensable d’informer son ou sa partenaire pour qu’il ou elle se traite et d’utiliser le préservatif.

A quel moment faut-il consulter son médecin ?

Même si les symptômes que vous constatez ne sont pas toujours liés à une IST, il est prudent, au moindre doute, de consulter rapidement un médecin. Celui-ci vous écoutera, vous informera et vous examinera. Il demandera éventuellement des examens biologiques (prélèvements, prise de sang). Il vous prescrira également, le traitement le plus adapté.
Traitées à temps, les IST guérissent, généralement sans séquelles. Certaines d'entre elles, en l'absence de diagnostic et de traitement, peuvent engendrer des complications éventuellement graves et dont le traitement est toujours plus difficile.
Ne vous traitez pas seul(e). Inciter votre partenaire à se traiter aussi (éviter les réinfections). Afin d'éviter les récidives et pour la réussite du traitement, il est nécessaire de bien respecter les prescriptions du médecin.


Syphilis

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Germes

Treponema pallidum

Modes de transmission

Sexe/Sexe, Sexe/Anus, Anus/Sexe, Sexe/Bouche (parfois), Transmission de la mère au fœtus.


Temps d'incubation

De 9 à 90 jours

Manifestations cliniques

Les manifestations de la syphilis chez l’homme ou la femme sont transitoires :
Lors de la " phase 1 " : c'est le chancre ou petite plaie indolore, lisse, bien circonscrit, avec une base indurée, localisée souvent au niveau des organes génitaux (mais il peut être interne et passer inaperçu). Ganglion fréquemment associé.
Lors de la " phase 2 " : fièvre, fatigue, ganglions, éruptions cutanées : roséole (petites taches rose pales au niveau des cuisses, de l’abdomen et du tronc, indolore, sans démangeaison), syphilides (« taches » en relief rouge sombre, « cuivrée », au niveau des paumes de main, des plantes des pieds, du visage, de la région génito-anale). Cette période est très contagieuse.

Diagnostic

Il est clinique dans les périodes brèves où les signes sont visibles. La suspicion clinique doit toujours être associée au diagnostic biologique.
Diagnostic biologique : recherche des anticorps dans le sang (sérologie TPHA-VDRL, FTA).
Inciter son/sa partenaire à consulter un médecin.

Traitement

Pénicilline (par voie intramusculaire) ou autres antibiotiques si allergie à la pénicilline.
Traitement du partenaire en cas d’infection.

Complications

Celles de la syphilis tertiaire, survenant 5 à 10 ans après la contamination (rares de nos jours)
Manifestations surtout neurologiques, cardio-vasculaires (système nerveux, cœur et vaisseaux) et cutanées (gommes syphilitiques).

Infection à Herpès

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Agent pathogène

Herpès virus (HSV). 2 types : HSV-1 (partie supérieure du corps), HSV-2 (partie inférieure du corps).

Modes de transmission

Sexe/Sexe, Sexe/Anus, Anus/Sexe, Bouche/Sexe, Bouche/Anus, Enfant lors de l'accouchement (risque d'infection grave).

Temps d'incubation

De 2 à 7 jours.

Manifestations cliniques

Chez l’homme ou la femme, l’herpès se manifeste par des douleurs importantes présentes sous forme d'hypersensibilité puis de démangeaisons puis de brûlures. Ces douleurs sont associées à une tâche rouge bientôt surmontée d'un bouquet de vésicules (petites boules translucides). Une asthénie (fatigue intense) peut aussi être observée.
Ces lésions peuvent être observées sur le pourtour de la bouche (« bouton de fièvre ») dans la bouche (gingivo-stomatite, angine), au niveau oculaire (conjonctivite) pour une primo-infection à HSV-1 et au niveau génital et ano-rectale (primo-infection à HSV-2).
Des récurrences (nouveaux symptômes) sont possibles, souvent précédées par une sensation de picotement ou de brûlures.

Diagnostic

Il repose sur les signes cliniques dans la majorité des cas.
Il peut être confirmé par des examens complémentaires : prélèvement direct (mais peu prescrit) ou sérologie (recherche d’anticorps, témoin d’une infection sans précision de temps).

Traitement

Zovirax®, Zélitrex®, dès les premiers signes, pas d'éradication.

Complications

Récidives fréquentes.
Possibilité (rare) de syndrome méningé, d'encéphalite, conjonctivite, oesophagite, infection pulmonaire (immunodéprimés).
Chez la femme, l’infection à Herpès (HSV-2) est un facteur favorisant la survenue du cancer du col.

Infection à Gonocoque

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Encore appelée blennorragie ou « chaude-pisse ».

Germes

Neisseria gonorrhoeae

Modes de transmission

Sexe/Anus, Anus/Sexe, Sexe/Bouche (rarement), Bouche/Sexe (rarement), Enfant lors de l'accouchement (risque d'infection des yeux chez l'enfant [ophtalmie purulente]).

Temps d'incubation

De 1 à 10 jours

Manifestations cliniques

Femme : Douleurs, brûlures peu fréquentes et modérées
Ecoulements peu abondants, d'aspect banal
Localisation au niveau de la bouche et de la gorge peu fréquente
Au niveau anal : faux besoins (fausse envie d'aller à la selle) et selles glaireuses

Homme : Brûlures mictionnelles fortes
Ecoulement abondant, jaune, épais
Localisation au niveau de la bouche et de la gorge peu fréquente
Au niveau anal : faux besoins (fausse envie d'aller à la selle) et selles glaireuses

Diagnostic

Il est le plus souvent fait sur les signes cliniques évocateurs.
Un prélèvement local peut être effectué, notamment pour rechercher des germes associés (co-infection).

Traitement

Antibiotiques en une prise : parfois insuffisant
Préférer traitements actifs aussi sur les Chlamydiae.
Traitement du ou des partenaires obligatoire

Complications

Elles sont rares

Chez la femme : salpingite, stérilité, grossesse extra-utérine, péri-hépatite

Chez l'homme : épididymite, prostatite

Autres : arthrite, infection disséminée


Condylomes

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Modes de transmission

Sexe/Sexe, Sexe/Anus, Anus/Sexe, Sexe/Bouche, Anus/Bouche.
Très contagieux.

Temps d'incubation

De quelques jours à quelques mois.

Manifestations cliniques

Petites excroissances de chair (« verrues ») qui peut se situer sur les organes génitaux et/ou l’anus, possibilité de localisation intra-vaginale chez la femme.

Diagnostic

Il est clinique le plus souvent.
Diagnostic biologique : chez la femme, diagnostic dans le cadre du frottis cervico-vaginal (examen gynécologique de contrôle effectué tous les 3 ans ou plus souvent en cas d'anomalie), avec depuis peu, test spécifique de détection du papillomavirus. Chez l'homme : possibilité de biopsie de la verge (rarement).

Traitement

Destruction des lésions par azote liquide, laser, électrocoagulation (lésions du col).

Complications

Récidives fréquentes.

Chez la femme : important facteur favorisant l'apparition du cancer du col de l'utérus.

Chez l’homme : facteur de risque du cancer de la verge.

 

Infection à Chlamydiae

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Germe

Chlamydia trachomatis

Modes de transmission

Sexe/Sexe, Sexe/Anus, Anus/Sexe, Peau/Sexe, Enfant lors de l'accouchement.

Période d'incubation

De 7 à 28 jours

Manifestations cliniques

Femme brûlures mictionnelles (en urinant) ou lors des rapports
écoulement (parfois) peu abondant, translucide

Homme : brûlures mictionnelles (rare)
écoulement (parfois) peu abondant, translucide

Autres manifestations : rectite ou ano-rectite souvent asymptomatique, angine érythémateuse.

Diagnostic

Il est suspecté devant les signes cliniques et confirmé biologiquement par un prélèvement local.
Association fréquente à d’autres germes (gonocoques).

Traitement

Traitement par antibiotiques (Vibramycine®, Mynocine®) pendant 2 à 3 semaines.
Traitement du ou des partenaires obligatoire.

Complications

1) fréquentes

Chez la femme : salpingite, stérilité, grossesse extra-utérine

Chez l'homme : épididymite, prostatite, baisse de la fertilité

2) plus rares

Conjonctivite, arthrite, péri-hépatite chez la femme.


Infection à mycoplasme

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Modes de transmission

Sexe/Sexe, Sexe/Anus, Anus/Sexe, Peau/Sexe, Enfant lors de l'accouchement.

Période d'incubation

Très variable : de quelques jours à quelques mois.

Manifestations cliniques

Femme : brûlures en urinant ou lors des rapports d’intensité modérée (rare)
écoulements peu fréquents, peu abondants, translucides

Homme : brûlures mictionnelles peu fréquentes
écoulements peu fréquents, peu abondants, translucides

Diagnostic

Il est suspecté devant les signes cliniques et confirmé par un prélèvement local avec culture. Cette infection est fréquemment associée à d'autres germes qu’il convient de rechercher même en l'absence de signes spécifiques.

Traitement

Traitement par antibiotiques (Vibramycine®, Mynocine®) pendant 10 à 15 jours.
Prélèvement de contrôle 1 mois après traitement.
Traitement du ou des partenaires obligatoire

Complications

Elles sont rares.

Chez la femme : salpingite, fausse-couche spontanée

Chez l'homme : épididymite, prostatite

Les deux : conjonctivites, arthrites


Infection à Gardnerella

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Germe

Gardnerella vaginalis

Modes de transmission

Sexe/Sexe

Temps d'incubation

Très variable

Manifestations cliniques

Femme : brûlures vaginales modérées, dyspareunie (douleurs lors des rapports), démangeaisons.
écoulement gris jaune, très malodorant (odeur de poisson) surtout après les rapports.
irritations vaginales et vulvaires.

Homme : aucun symptôme.

Diagnostic

Il est évoqué sur les signes cliniques et confirmé par un prélèvement local.

Traitements

La famille des imidazoles (Fasigyne 500®) ou antibiotique (Clamoxyl®).
Traitement du partenaire.

Complications

Aucune

Association fréquente à d'autres germes (co-infection).

Trichomonas

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Modes de transmission

Sexe/Sexe, Sexe/Anus

Temps d'incubation

De 10 à 30 jours

Manifestations cliniques

Femme : brûlures mictionnelles et lors des rapports, douleurs au niveau de la vulve et du vagin.
écoulement abondant, jaune, verdâtre, mousseux, possibilité de saignements associés.
Rougeur des organes génitaux (vulvite)

Homme : brûlures mictionnelles et lors des rapports.
écoulement peu abondant (« goutte matinale »), jaune, verdâtre, épais.

Diagnostic

Il est le plus souvent clinique. Il peut aussi reposer sur des examens complémentaires (prélèvement local).

Traitement

Antiparasitaires de la famille des imidazoles : dose unique (ou durée 7 jours).
Traitement du partenaire.

Complications

Récidives peu fréquentes.

 

Candidoses

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Agent pathogène

Candida albicans

Modes de transmission

Sexe/Sexe, Sexe/Anus, Sexe/Bouche, Anus/Bouche, déclenchement possible sans rapport sexuel

Temps d'incubation

De quelques jours à 4 semaines

Manifestations cliniques

Femme : prurit (démangeaisons) constantes, douleur au niveau de la vulve et du vagin (vulvo-vaginite), douleur lors des rapports
écoulement abondant, blanc (aspect de « lait caillé »)
rougeur de la vulve, enduit blanc épais sur les lèvres

Homme : parfois léger prurit (démangeaisons) au niveau du gland
parfois rougeur sur le gland

Diagnostic

Il repose le plus souvent sur les signes cliniques.
Un prélèvement local peut être réalisé chez la femme en cas de récidive ou en cas de doute.

Traitements

Nombreux traitements anti-mycosiques (crèmes, gels, ovules).
Chez la femme, possibilité de traitement court quand il s'agit du premier épisode sinon traitement long préférable (3 semaines).
Dans tous les cas, traitement du ou des partenaires, même s'ils n'ont pas de signes.

Complications

1) Locales

Récidives fréquentes surtout en cas de traitement court ou déséquilibre de la flore par un traitement autre (antibiotique, corticoïdes, diabète…).

2) Générales

Chez les immunodéprimés : oesophagites, gastrites, colites, septicémies…

 

Pédiculose (morpions ou poux de corps)

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Agent pathogène

Phtirius inguinalis

Modes de transmission

Contact direct " poils contre poils "
Lingerie ou literie pendant un temps bref.

Temps d'incubation

7 jours au maximum, correspondant à l'éclosion des lentes (œufs)

Manifestations cliniques

Prurit (démangeaisons)

Rougeur de la peau, lentes visibles accrochées à la racine des poils.

La découverte de petites taches noirâtres de la taille d'une tête d'épingle dans le slip ou le caleçon est typique.

Diagnostic

Il est clinique.

Traitements

Mesures d'hygiène indispensables
Traiter le ou les partenaires
Nombreux produits en application locale
Second traitement, 8 jours plus tard
Changer les draps, le linge de corps ou de toilette, pulvérisation de la literie.

Complications

Aucune
Récidive fréquente si le traitement est incomplet.

Gale

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Agent pathogène

Sarcoptes scabiei

Modes de transmission

Par contact direct
Parfois par l'intermédiaire de la lingerie ou de la literie

Période d'incubation

De quelques jours à 15 jours

Manifestations cliniques

Prurit (démangeaisons)

Lésions de grattage, possibilité de petites boules dures blanchâtres (vésicules perlées) de la taille d'une tête d'épingle.
Lésion en relief, rouge, qui démange, au niveau de la verge, du gland, des bourses (chancre scabieux génital).

Diagnostic

Il repose sur les signes cliniques.

Traitements

Mesures d'hygiène indispensables.
Traiter le ou les partenaires.
Traitement appliqué (Ascabiol*) sur tout le corps à garder 24 heures sans toilette.
Pulvériser la literie, changer draps, linges de corps et de toilette.
Les démangeaisons peuvent persister 10 jours après le traitement.

Complications

Possibilité de récidive si traitement incomplet.

 

Lymphogranuloma venereum (LGV)

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Germe

Chlamydia. trachomatis serotypes L1, L2 et L3
Incubation : 3-21 jours

Terrain

Maladie tropicale, endémique dans certaines régions d'Afrique, en Amérique centrale et du Sud, et dans les Caraïbes, l’infection à Lymphogranuloma venerum a fait son apparition dans les backrooms hollandaises en Avril 2003 puis s’est répandue dans le reste de l’Europe. Elle touche principalement les hommes jeunes, actifs sur la scène cuir, pratiquant le fist fucking, en majorité séropositifs pour le VIH, certains d’entre-eux ayant d’autres IST.

Modes de transmission

Rapports non protégés

Manifestations cliniques

Cette maladie évolue en 3 stades :
Elle se manifeste d’abord par une lésion primaire transitoire (papule, érosion, ulcération indolore, lésion herpétiforme) qui passe le plus souvent inaperçue.
Ensuite, le micro-organisme gagne le système lymphatique, entrainant le gonflement d’un ganglion inguinal (bubon) qui peut se rompre.
Le troisième stade de la maladie se caractérise par un syndrôme anorectal avec rectite (inflammation du rectum), démangeaisons, constipation, faux besoins, saignements, émission de glaire, douleurs abdominales.
L’examen proctologique peut montrer de discrètes ulcérations superficielles de la muqueuse rectale avec des bordures irrégulières.
Sans traitement antibiotique approprié, elle peut évoluer vers l’abcès périrectal, la fistule anale, l’elephantiasis.

Diagnostic

Il est suspecté devant les signes cliniques et confirmé biologiquement par une sérologie le plus souvent ou un prélèvement local (culture).
NE PAS HESITER A DEMANDER A SON MEDECIN DE RECHERCHER SPECIFIQUEMENT LA BACTERIE. Beaucoup de médecins ne sont pas encore au courant de cette affection.

Traitement

Traitement par antibiotiques (doxycycline) pendant au moins 3 semaines (bactérie résistante).
Traitement du ou des partenaires obligatoire.


Prévention

Préservatifs, gants lors du fist fucking, désinfection soigneuse des godes, plugs.

 

 

VIH

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Virus de l’Immunodéficience Humaine ou HIV en anglais.
Virus à ARN, qui nécessite une enzyme, la reverse transcriptase, pour se multiplier. 2 types : VIH-1 (responsable de la majorité des cas à travers le monde) et VIH-2 (moins fréquent, <1% en France, présent surtout en Afrique de l’Ouest).
Se trouve dans le sang, le sperme, le liquide pré-éjaculatoire et les différentes sécrétions humaines à des concentrations variables.
Infecte les lymphocytes T CD4+ (T4+) et aussi dans une moindre mesure les macrophages, utilise la machinerie cellulaire de la cellule infectée pour se répliquer. Ce processus entraîne la destruction de ces cellules. Provoque ainsi un « affaiblissement » des défenses immunitaires. L’organisme n’est alors plus en mesure de lutter efficacement contre certains germes qu’il rencontre ou qu’il porte, mais il se défend aussi moins bien contre les cellules cancéreuses (=> apparition de certains cancers).

Modes de contamination

- sexuelle : AUCUNE pratique sexuelle n'est exempte de risques, y compris les contacts bouche/sexe. Chez l’homme infecté par le VIH, le virus est présent dans le sperme, les secrétions prostatiques (= liquide séminal). Chez la femme infectée, le virus est présent dans les secrétions du col et du vagin. Toute pénétration anale ou vaginale non protégée risque donc d’être contaminante.

- sanguine : partage de seringue chez les toxicomanes. Les risques inhérents à la transfusion sanguine sont quasiment totalement éliminés (probabilité<) car tout don du sang est actuellement testé pour le VIH 1, VIH2, le virus de l'hépatite B, le virus de l'hépatite C et le virus HTLV 1.

- transmission mère-enfant : tout enfant né de mère séropositive naît avec des anticorps de sa mère ; il est donc séropositif VIH. Après un an on estime à 5% le nombre d'enfants réellement contaminés sans traitement.

Toute personne infectée par le VIH, même asymptomatique et à fortiori qui ne se sait pas atteinte, peut transmettre le virus.

Le virus a été isolé dans de nombreux liquides biologiques : salive, sueur, larmes, urines, liquide céphalo-rachidien, mais en quantité trop faible pour qu’il présente un risque de contamination.
Le risque est nul par l’intermédiaire d’objets en contact avec la salive (vaisselle, téléphone..) et par les postillons.
Les poignées de mains, les piqûres d’insectes, les toilettes, piscines et douches publiques n’entraînent pas de risque de contamination. Le virus ne traverse pas la peau saine.

L’eau de Javel, l’alcool à 70°, les dérivés du formol (glutaraldéhyde), les dérivés iodés, la chaleur permettent la destruction du virus.

Diagnostic

Primo-infection à VIH : période initiale de la contamination. Passe très souvent inaperçue. Aucun symptôme. Parfois des signes ressemblant à ceux de la grippe (fièvre à 38°C, fatigue, douleurs musculaires ou articulaires), ganglions, éruption cutanée, urticaire. Exceptionnellement, une encéphalopathie, une méningite aiguë lymphocytaire, une neuropathie périphérique, une myélopathie peuvent être observées. Ces signes disparaissent en quelques mois/semaines. La recherche de l’antigène P 24 peut aider au diagnostic.

Séroconversion : période qui correspond, après avoir été contaminé par le VIH, à l'apparition des anticorps anti-VIH dans le sang. Dès qu'une personne est contaminée par le VIH elle peut à son tour le transmettre, avant même d'avoir produit ses propres anticorps

Sérologie : le passage, la présence du VIH dans l'organisme déclenche une réaction : il apparait des anticorps anti-VIH. On devient « séropositif pour le VIH». Ces anticorps apparaissent entre 2 et 10 semaines, 3 mois maximum. Ces anticorps sont détectées grâce aux techniques ELISA. Coût du test : environ 23,33 € pris en charge par la Sécurité sociale. Résultats en 1-2 jours selon les laboratoires. En cas de résultat positif, un test de référence (le test Western-Blot) doit être réalisé afin d'éliminer une possible fausse réaction (faux-positif). Le test positif, confirmé par le Western-Blot, signe le diagnostic d’infection à VIH mais n’a pas de valeur pronostique. Le patient doit alors être orienté vers une consultation spécialisée pour un bilan et un suivi régulier.
En cas de nécessité d’un dépistage précoce, la recherche de l'antigène P24 peut être réalisée. Il est présent du 15ème au 30ème jour de la supposée contamination.
En cas de prise de risque, seul un test réalisé 3 mois ou plus après une situation à risque permet d’être certain du résultat.

Séropositivité VIH et SIDA : l'entrée dans la phase SIDA est liée à l’altération de la qualité des défenses immunitaires (apparition d’infections opportunistes [pneumocystose, toxoplasmose candidose oesophagienne, infections à CMV, infections à mycobactéries atypiques, cryptosporidiose), affections tumorales, telles la maladie de Kaposi, les lymphomes). Un suivi régulier est donc indispensable pour les personnes séropositives afin de détecter au plus vite les complications et initier les traitements nécessaires.

Suivi

Il repose sur des consultations fréquentes dans une consultation spécialisée. Il comprend un examen clinique fréquent et des bilans biologiques fréquents (principalement numération lymphocytaire et surtout charge virale). La charge virale représente le dosage quantitatif du virus dans le sang. Elle se calcule "copies/ml" ou en "log". Inférieure à 10.000 copies/ml, elle est dite "basse" (et parfois "indétectable"). La charge virale est "élevée" à partir de 100.000 copies/ml (= 5 log). Elle est détectable à partir du 10ème jour.
On peut dire qu'une charge virale a changé si elle a augmenté (ou diminué) de 3 fois (= 0,5 log) entre deux examens sanguins. La charge virale est l'indicateur essentiel dans le suivi des personnes séropositives asymptomatiques, des personnes sous traitement antirétroviral ainsi que chez les sidéens.

Traitement

Traitement agissant contre le virus :
Analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase : AZT (retrovir*), ddI (Videx*), ddC (Hivid*), d4T (Zerit*), 3TC (Epivir*), prescrit le plus souvent en association (plus efficace) AZT+3TC (Combivir*)…
Analogues non nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase : névirapine (Viramune*), efavirenz (Sustiva*)…
Inhibiteurs de la protéase (antiprotéase) : indinavir (Crixivan*), saquinavir (Invirase*), ritonavir (Norvir*), nelfinavir (Viracept*), saquinavir soft gel (Fortovase*)…
Actuellement, des associations d’antirétroviraux (multi thérapies) sont prescrites. La décision de débuter un traitement repose sur plusieurs critères cliniques, virologiques, immunologiques (état clinique, nombre de CD4, charge virale).

Traitement des maladies qui caractérisent le SIDA : antibiotiques, antiparasitaires, antiviraux, antimycosiques contre les infections, chimiothérapie, radiothérapie contre les tumeurs.

Traitement post-exposition : il consiste à prescrire une multi thérapie anti-VIH (2 ou 3 molécules) pendant 1 mois. Il faut commencer dans les 48 heures après la prise de risque réel (rapport avec un inconnu, rupture de préservatif...). En pratique, il faut se rendre aux urgences d'un hôpital, dans un CDAG dans les 48 heures (au plus tard).
Le traitement post-exposition doit rester une exception et ne saurait remplacer les consignes de prévention.

Prévention

Une personne contaminée, malade ou non, reste indéfiniment porteuse du virus et en situation de pouvoir le transmettre.
L’utilisation du préservatif (masculin ou féminin) demeure le seul moyen de prévention efficace contre le VIH.
Un préservatif ne sert qu'une seule et unique fois. Le lubrifiant est un complément indispensable car il empêche les ruptures.
Les ruptures sont rares mais existent. La contamination par le VIH n'est heureusement pas systématique. Se laver le sexe, uriner pour certains, aller à la selle, pratiquer un lavement doux à l'eau sans y ajouter un produit désinfectant pour les autres ; douche vaginale pour d'autres encore.
En cas d'accident, il y a possibilité d’avoir recours à un traitement post-exposition.
Les crèmes spermicides sont inefficaces vis-à-vis du virus.
Les Centres de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) permettent de se faire dépister (détection des anticorps anti VIH 1 et 2) gratuitement et de façon complètement anonyme. Il existe un CDAG dans la plupart des grandes villes françaises. Leur adresse peut être obtenue auprès de SIDA INFO SERVICE (Tél. 0800.840.800).


Traitement Post Exposition

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Encore appelé traitement d’urgence.


Qu’est-ce ?

C’est un traitement qui, s’il est pris dans les 48h après une exposition au VIH (rupture de préservatif, rapport non protégé, partage de seringues, contamination par un liquide biologique potentiellement infecté...), permet de diminuer les risques d’infection, c’est-à-dire d’éviter la séroconversion.


Modalités

Il doit être débuté le plus rapidement possible après la prise de risque (dans les heures qui suivent), afin d’augmenter les chances de succès. Cependant, il est possible que le traitement soit efficace même s’il est commencé plus tardivement (jusqu’à 2 jours au plus tard après le contact potentiellement contaminant).

En pratique, il faut d’abord évaluer le risque, avant d’envisager, si nécessaire, un traitement. Actuellement, ce traitement ne peut être prescrit que par un médecin hospitalier. Au cours de l’entretien avec le médecin, les circonstances et la nature du rapport sexuel, de la piqûre, de la blessure seront bien détaillées, de manière à évaluer le risque.
Si le patient « source »ou le partenaire est identifié comme séropositif, le traitement d’urgence sera mis en place. Si on ne connaît pas le statut sérologique du partenaire ou du patient « source », le médecin se basera sur la nature de la pratique (risque faible ou fort), et s’il existe au moins un argument pour supposer que le partenaire est infecté. La circulaire de référence pour évaluer le risque est celle du 9 Avril 1998.
Un test rapide de dépistage du VIH peut être proposé au patient « source ».

Tous les hôpitaux disposent d’un médecin référent pour la prise en charge des expositions au VIH. Ce praticien s’occupe des professionnels de la santé en cas d’accident d’exposition au sang et des personnes exposées à un risque après un rapport sexuel ou un partage de seringue. En général, il suffit de se rendre le plus vite possible après l’exposition aux Urgences de l’Hôpital le plus proche où le médecin urgentiste évaluera le risque ou fera appel au médecin référent.
On peut se rendre dans un CIDAG* (Centre d’Information et de Dépistage Anonyme & Gratuit) et rencontrer un médecin (attention, ces centres ne sont pas ouverts en permanence).


Accident d’exposition

En cas d’exposition cutanée à un liquide biologique potentiellement contaminé (sang et dérivés, sperme, sécrétions vaginales, lait maternel), il faut laver immédiatement et abondamment les zones cutanées exposées avec :
- de l’eau et du savon pendant 5 minutes,
- puis avec un antiseptique tel que le soluté de Dakin*, de l’eau de javel à 12% (diluée à 1/10e), de l’alcool à 70%. Ils doivent être utilisés immédiatement après le lavage de la plaie cutanée en assurant un temps de contact d’au moins 5 minutes.
En cas de projection d’un de ces liquides biologiques sur les muqueuses et en particulier au niveau de la conjonctive, rincer abondamment pendant 5 minutes avec du sérum physiologique ou de l’eau. Eviter l’utilisation d’un antiseptique qui pourrait causer des lésions de la muqueuse et favoriser alors le passage du VIH.
Contacter le médecin référent pour la prise en charge des expositions au VIH qui évaluera le risque et décidera de l’opportunité de la mise en route d’un traitement.


Le traitement

Selon les cas, il sera proposé une trithérapie d’antirétroviraux.

La durée de traitement actuellement recommandée est de 4 semaines. Sachant qu’une trithérapie est un traitement lourd et contraignant, il est très important de bien prendre les médicaments, sinon le traitement risque de ne pas être efficace et de rendre le virus résistant.


ATTENTION !

Le traitement d’urgence n’est pas une pilule du lendemain.
Il ne garantit pas la non-contamination à 100%,
Il est très lourd et contraignant et non dénué d’effets secondaires.
Il ne doit en aucun cas remplacer le préservatif ou la seringue propre.

 

LE VIH EN 2004


1) Situation mondiale

On estime à 38 millions de personnes infectées par le virus du VIH en 2003 (35 millions de personnes en 2001). L’année 2003 a vu la plus forte progression de nouveaux cas d’infection depuis le début de l’épidémie : + 5 Millions de nouvelles personnes infectées.
Ces chiffres cachent de grandes disparités régionales : le taux de croissance de l'épidémie est le plus élevé en Asie et en Europe Centrale.
En 2003, 2.9 millions de personnes infectées par le VIH sont décédées dans le monde et 20 millions depuis 1981.

Région
Effectif vivant avec le VIH-SIDA
Prévalence du VIH-SIDA parmi les adultes %
Nombre de nouvelles infections en 2003
Nombre de décès dus au SIDA en 2003
Total
37 800 000
1.1
4 800 000
2 900 000
Afrique subsaharienne
25 000 000

7.5
3 000 000
2 200 000
Asie du Sud et Sud-Est
6 500 000
0.6
850 000
460 000
Amérique Latine
1 600 000
0.6
200 000
84 000
Europe de l’Est et Asie Centrale
1 300 000
0.6
360 000
49 000
Amérique du Nord
1 000 000
0.6
44 000
16 000
Asie de l’Est
900 000
0.1
200 000
44 000
Europe de l’Ouest
580 000
0.3
20 000
6 000
Afrique du Nord et Moyen Orient
480 000
0.2
75 000
24 000
Caraïbes
430 000
2.3
52 000
35 000
Océanie
32 000
0.2
5 000
700

Source : ONUSIDA


Asie du Sud-Est et Asie Centrale

L’ONUSIDA estime à 6.5 millions de personnes infectées par le VIH dans cette partie du monde. C’est ici que la croissance de l’infection est la plus forte. En 2002, une personne nouvellement infectée sur 5 était asiatique. En 2003, cette proportion est passée à 1 sur 4. L’épidémie est surtout concentrée chez les utilisateurs de drogue injectable, les homosexuels, les prostitués et leurs clients. Le nombre précis de cas par pays est difficile à chiffrer. Néanmoins, on estime que l’Inde compte entre 2.2 et 7.6 millions de séropositifs, la Chine entre 430 000 et 1.5 millions, la Thailande 570 000 cas, le Vietnam 220 000.

Afrique Subsaharienne

25 Millions de personnes sont infectées par le VIH. Les chiffres paraissent stables. En fait, ils masquent une mortalité élevée associée à une augmentation parallèle importante des nouvelles infections. Cette population représente 10% de la population mondiale, mais elle concentre 2/3 des séropositifs dans le monde ! 3 Millions de personnes ont été nouvellement infectées en 2003. 2.2 Millions de personnes sont décédées du SIDA dans cette partie du monde, soit, 75% des 3 millions de malades du SIDA décédés dans le monde.
En 2003, 12.1 millions d’enfants sont devenus orphelins à cause du SIDA, une augmentation de 2.5 millions depuis 2001.
Le Botswana, un pays de moins de 2 millions d’habitants, a le taux de prévalence le plus élevé de la planète : 37.3%. Sur les 9 pays ayant le plus de personnes infectées par le VIH, 8 sont issus de l’Afrique Subsaharienne : Afrique du Sud (5.3 millions), Nigeria (3.6 millions), Zimbabwe (1.8 millions), République de Tanzanie (1.6 millions), République Démocratique du Congo, Ethiopie, Kenya et Mozambique avec plus d’un million chacun de personnes infectées.


Europe Occidentale et Asie Centrale

1.3 millions de personnes sont infectés par le VIH contre 160 000 en 1995. Cette augmentation est principalement due à l’augmentation du nombre d’utilisateurs de drogues injectables, comme en Russie par exemple. 80% de cette population a moins de 30 ans.


Amérique latine

1.6 millions de personnes sont infectées par le VIH en Amérique Latine, principalement dans la communauté homosexuelle et les utilisateurs de drogues injectables. Les chiffres masquent des disparités locales : si la prévalence globale au Brésil est de 1%, dans certaines villes, 60% des usagés de drogue sont infectés par le VIH.


Caraïbes

La prévalence globale dans cette région est de 2.3%. Mais elle peut atteindre 5.6% en Haïti et est supérieure à 3% aux Bahamas, à Trinité et Tobago.


Dans les pays occidentaux

Aux USA, le nombre de personnes infectées par le VIH a augmenté de 900 000 à 950 000 entre 2001 et 2003. En Europe Occidentale, Il a aussi augmenté de 540 000 à 580 000 pendant la même période. 6000 personnes atteintes du SIDA sont décédées en Europe Occidentale en 2003.

Prévention des nouvelles infections

Face à cette situation préoccupante et en l’absence d’un vaccin efficace dans un avenir proche, la prévention, au niveau mondial, repose plus que jamais sur l’aspect éducationnel : éducation par rapport aux pratiques sexuelles, changement de comportement, détermination des populations-cibles à haut risque (usagers de drogues intraveineuses, prostitués, clients…).
L’autre aspect de la politique de prévention de l’épidémie est l’accès pour tous au traitement anti-rétroviral. Fin 2005, l’OMS espère fournir un tel traitement à 3 millions de personnes dans les pays à faible ou moyen revenus, soit la moitié des besoins réels. Actuellement, 4.8 millions de personnes nécessitent de prendre un traitement anti-rétroviral. Seules 400 000 personnes sont ainsi traitées ! Une prévention complète permettrait d’éviter 29 millions d’infection sur les 45 millions prévues d’ici 2010.
12 milliards de dollars doivent être investis d’ici 2005 et 40 milliards d’ici 2007, pour la prévention et la prise en charge des patients atteints par le VIH dans les pays à faible et moyen revenu.


2) La situation en Europe Occidentale : Evolution. Conséquences.


Radioscopie

Entre 1997 et 2002, la proportion de personnes infectées par le VIH a diminué chez les utilisateurs de drogues intraveineuses (-16%) alors que la part des hétérosexuels porteurs du VIH a plus que doublé (+122%). Cette augmentation fait suite à l’augmentation du nombre de cas diagnostiqués chez des personnes venant de régions à forte prévalence pour le VIH (Afrique subsaharienne).
Concernant la communauté homo-bisexuelle, les nouveaux cas de VIH ont augmenté de 22% entre 2001 (2757 cas) et 2002 (3371 cas) alors que dans les années précédentes, l’épidémie déclinait dans cette population.
D’une manière générale, l’infection à VIH progresse chez les femmes : 38% des cas en 2002 contre 25% en 1997.
Ces tendances, bien que plus marquées en Grande-Bretagne, se retrouvent dans l’ensemble des pays européens.
En France, qui compte 96600 personnes infectées par le VIH, 2/3 des nouveaux cas de VIH ont été diagnostiqués chez des hétérosexuels en 2003.

La découverte de la séropositivité est tardive : 55% des individus découvrent leur séropositivité dans les 6 mois précédents les premières manifestations de la maladie SIDA, avec des variations selon les groupes. En effet, 22% des usagers de drogues intraveineuses et 58% des homo-bisexuels découvrent leur séropositivité dans ces 6 mois alors que 72% des hétérosexuels découvrent pendant cette même période.

En 2003, l’Allemagne comptait 43 000 personnes séropositives pour le VIH : 50% étaient homo-bisexuels, 41% étaient hétérosexuels avec une forte proportion de personnes venant de pays à forte prévalence (Afrique Subsaharienne) et 9% étaient utilisateurs de drogues intraveineuses. Fin 2002, la Grande-Bretagne comptait 49 500 personnes porteuses du VIH, soit une augmentation de 20% par rapport à 2001, avec 49% d’hétérosexuels, 46% d’ homo-bisexuels et 3% d’utilisateurs de drogues intraveineuses.
Fin juin 2003, on estime avoir diagnostiquer la maladie SIDA chez 259 000 personnes en Europe depuis le début de l’épidémie. 152 000 personnes sont décédées. Sur les 107 000 restantes, le SIDA a été diagnostiqué avant 1996 dans la moitié des cas. L’age médian de cette population est de 41 ans, avec une prédominance masculine (78%). 4 personnes sur 10 ont été infectées lors du partage d’équipement utilisé pour l’usage de drogues intraveineuses, 28% ont été contaminés lors d’un rapport homosexuel et 27% par un rapport hétérosexuel.


La communauté homosexuelle

On estime que la prévalence (nombre total de personnes infectées pour une population donnée) de l’infection au VIH dans la communauté homo-bisexuelle en Europe est de 10-20% quelque soit le pays considéré. La prévalence est par ailleurs supérieure dans les grandes métropoles européennes.
Depuis la fin des années 90, on assiste à une augmentation du nombre de nouveaux cas de syphilis et de gonococcies, toutes 2 favorisant la transmission du VIH, et une augmentation des comportements sexuels à risque dans une population où la prévalence du VIH est déjà forte. L’addition de ces 2 facteurs tend à renforcer le risque de transmission du VIH et pourrait expliquer l’augmentation récente de l’incidence du VIH observée dans la communauté homosexuelle.
D’autres facteurs peuvent aussi expliquer l’augmentation récente de l’incidence du VIH dans la communauté homo-bisexuelle : avènement de la trithérapie et le changement du pronostic qu’elle a entraîné (passage d’une maladie rapidement mortelle à une maladie chronique) ; diminution de la charge virale par la trithérapie et le sentiment d’être « moins contaminant » qu’elle peut susciter, associée à la diminution de l’utilisation du préservatif ; augmentation du recours au traitement post-exposition en cas de pratiques à risque ; l’allongement de l’espérance de vie des séropositifs associé au sentiment de se sentir en meilleur forme les rend sexuellement plus actifs ; arrivée en nombre de jeunes n’ayant pas connu le VIH et ses ravages à la fin des années 80.

Face à cette remontée inquiétante de l’infection à VIH chez les homo-bisexuels et à l’augmentation de l’incidence des autres infections sexuellement transmissibles, de nouvelles campagnes promouvant des pratiques sexuelles sures (utilisation du préservatif) doivent impérativement être mises en place rapidement, en ciblant tout particulièrement la communauté homo-bisexuelle.


3) Situation en France


Les nouvelles modalités de suivi de l’infection VIH (notification obligatoire des nouvelles infections VIH) couplée à la surveillance virologique (typage viral, groupe et sous-groupe du VIH-1, diagnostic d’infection récente grâce au « test d’infection récente ») permettent de mieux suivre l’infection VIH et les cas de SIDA en France. Les dernières données viennent d’être publiées par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS).

Résultats

1301 nouveaux diagnostics d’infection à VIH ont été recensés en 2003.

Données démographiques :
43% des ces diagnostics ont été faits chez des femmes.
L’age moyen de diagnostic de l’infection à VIH est de 37 ans, avec une différence selon le sexe : 33.6 ans chez les femmes et 39.4 ans chez les hommes. A noter que chez les femmes, les tranches d’âge où le taux d’infection est maximum sont 25-29 ans et 30-34 ans, alors que chez le hommes, le taux d’infection est maximum entre 30-34 ans, 35-39 ans, 40-44 ans et après 50 ans.

Mode de contamination :
53% des personnes infectées par le VIH en 2003 l’ont été au cours de rapports hétérosexuels, 20.7% au cours de rapports homosexuels (27% si on exclut le mode de contamination inconnu) et 3% par l’utilisation de drogues injectables. Le mode de contamination n’a pu être retrouvé chez 23.4% des personnes infectées par le VIH.
Chez les hommes, les rapports hétérosexuels ont été incriminés dans la contamination dans 37% des cas et les rapports homosexuels dans 36%, soit 269 cas rapportés d’hommes contaminés lors de rapports homosexuels.

Motif de dépistage :
33% des tests positifs ont été réalisés après l’apparition de signes cliniques, 17% ont été réalisés après une exposition potentielle au VIH, 12% au cours d’un bilan systématique, 9% lors du test obligatoire avant la grossesse. Dans 1% des cas, le test a été réalisé lors du diagnostic d’une autre infection sexuellement transmissible.

Stade clinique :
53% des personnes chez qui le diagnostic d’infection VIH a été posé étaient asymptomatiques lors du diagnostic en 2003. 15% des personnes étaient à un stade symptomatique non SIDA. Chez 12% des infectés par le VIH en 2003, le diagnostic a été fait au stade tardif de SIDA. 8% des diagnostics ont été faits chez des patients présentant des signes de primo-infection.
Chez les homosexuels, 22% des diagnostics ont été faits lorsque les patients présentaient des signes de primo-infection. Chez les hétérosexuels, 61% étaient asymptomatiques lors du diagnostic alors que chez les homos, cette proportion est de 48%. La proportion de diagnostic alors que les patients sont au stade SIDA est la même dans ces 2 populations.

Surveillance virologique :
38.4% des personnes infectées par le VIH en 2003 l’ont été récemment (< 6 mois).
58% des infections récentes (datant de moins de 6 mois) ont été détectées chez des homosexuels.


Surveillance du SIDA

Tendances :
On estime à 26400 (24335 si on tient pas compte de la sous-estimation du nombre….) personnes vivantes au 30 Septembre 2003 ayant développé un SIDA.
Après un pic de diagnostic de SIDA en 1994 avec 5800 cas, le nombre de diagnostic de SIDA a fortement diminué en 1996 (4000 cas) et 1997 (2300 cas), du fait de l’avènement des nouveaux traitements (trithérapie). En 2002, 1515 cas de SIDA ont été déclarés et 681 patients sont décédés du SIDA.
L’age de diagnostic du SIDA recule : 36.5 ans en 1990, 42.0 ans en 2003.
Les femmes sont plus jeunes au moment du diagnostic de SIDA que les hommes (38.4 ans versus 43.4 ans).

Mode de contamination :
Jusqu’en 2002, on observe une diminution du nombre de SIDA chez les homos et les utilisateurs de drogues injectables. Par contre, la contamination par rapport hétérosexuel augmente lentement entre 2000 et 2002.
En 2003, 51% des cas SIDA ont été contaminés lors de rapports hétérosexuels, 27% lors de rapports homosexuels et 11% par suite d’usage de drogues injectables.
Le pourcentage des cas liés à une contamination homosexuelle en 2003 est pour la première fois en augmentation par rapport aux années précédentes (26.8% versus 23.6% en 2002 et 24.7% en 2001).
Chez les hétérosexuels, la progression du nombre de contamination est due à l’augmentation de cas chez les personnes de nationalité des pays d’Afrique Subsaharienne.

Connaissance de la séropositivité et accès au traitement :
51% des personnes au stade SIDA en 2003 ignorait leur séropositivité préalable (60% chez les hétéros, 40% chez les homos, 14% chez les usagers de drogues injectables). 22% des personnes au stade SIDA connaissaient leur séropositivité, mais n’avaient pas accès au traitement.


Répartition géographique

L’Ile de France, Provence Alpes Cote d’Azur, la Guyane et la Guadeloupe sont les régions les plus touchées par l’infection VIH en 2003.

MESSAGES

Le mode de transmission du VIH en France en 2003 est la voie sexuelle avec schématiquement les hommes de nationalité française contaminés lors de rapports homosexuels et les femmes de nationalité française ou d’un pays d’Afrique Subsaharienne contaminées lors de rapports hétérosexuels.

En 2003, le rapport hétérosexuel constitue le principal mode de contamination parmi les cas de SIDA (51%) et les nouveaux diagnostics d’infection VIH (53%). L’épidémie dans la population hétérosexuelle concerne surtout la population issue d’Afrique Subsaharienne.

L’épidémie se maintient chez les hommes contaminés par rapports homosexuels (36% des nouveaux cas d’infection VIH, 27% des SIDA en 2003). Cependant, la proportion d’infection récente est la plus élevée dans cette population, reflétant peut-être un relâchement des comportements, mais aussi peut-être un recours plus fréquent au test de dépistage dans ce groupe, augmentant ainsi la probabilité d’un dépistage rapide.

LA TRANSMISSION DU VIH DEMEURE ACTIVE DANS LA COMMUNAUTE HOMOSEXUELLE.


Références :


Steinbrook R. The AIDS epidemic in 2004. N Engl J Med 2004; 351: 115-117.

Le Monde. Editions du 7 Juillet et du 11 Juillet 2004.

Hamers FF, Downs AM. The changing face of the HIV epidemic in western Europe: What are the implications for public health policies? Lancet 2004; 364: 83-93.

Institut de Veille Sanitaire. Premiers résultats du nouveau dispositif de surveillance de l’infection à VIH et situation du SIDA au 30 Septembre 2003. BEH 2004 ; 24-25 : 102-110. www.invs.sante.fr

 

Hépatites

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Qu'est-ce qu'une hépatite ?

L’hépatite est une maladie inflammatoire du foie, entraînant la destruction plus ou moins importante des cellules hépatiques. Elle peut être due à différents virus ( A, B, C, etc.) ; l’hépatite est alors dite virale. Ces virus, en infectant les cellules hépatiques (hépatocytes) entraînent leur destruction et sont progressivement remplacées par un tissu cicatriciel (fibrose). Dans certains cas, l’hépatite peut évoluer vers la cirrhose puis, parfois, vers un hépatocarcinome (cancer primitif du foie).


Mode de transmission-Symptomatologie

Le virus de l'hépatite A (VHA)
Il se transmet lors de la consommation d’eau et d’aliments souillés. Incubation courte (15-60j)
Lors de l’infection (hépatite aiguë), on peut ressentir une fatigue qui peut persister, devenir ictérique (« teint jaune »), avoir la diarrhée, des nausées, des douleurs abdominales.
L’hépatite A guérit presque toujours seule en quelques semaines, mais peut parfois être très grave (hépatite fulminante nécessitant quelquefois une greffe hépatique en urgence). Elle ne devient jamais chronique. Un vaccin permet de s’en protéger (non remboursé par la S.S.). Il est fortement recommandé de se faire vacciner si l’on doit séjourner dans des pays où l’hygiène alimentaire est faible, ou si l’on est atteint par une autre hépatite (B ou C).

Le virus de l'hépatite B (VHB)
C’est un virus à ADN. Incubation longue (30-100j).
Le virus est présent dans le sérum, les secrétions sexuelles, les lymphocytes, le lait maternel, la salive si la réplication virale est intense. Il résiste en moyenne 7 jours en milieu extérieur. Il n’est pas inactivé par l’alcool.
Le pouvoir contaminant du VHB est grand (risque de contamination lors d’un accident d’exposition au sang : 30%, alors qu’il est de 0,3% pour le VIH et 3% pour le VHC).
Il se transmet par le sang, par voie sexuelle (pénétration anale ou vaginale, rapports bucco-génitaux), de la femme enceinte à son enfant, et parfois par la salive.
L’infection par le VHB est souvent asymptomatique. L’ictère (« jaunisse ») est rare. On peut ressentir de la fatigue, des douleurs articulaires.
L’hépatite B guérit seule dans la majorité des cas. Mais dans 10 % des cas, le virus reste dans l’organisme et l’hépatite devient chronique. La maladie peut, dans certains cas, évoluer à long terme vers la cirrhose ou l’hépatocarcinome.
Un vaccin permet de se protéger de l’hépatite B (remboursé par la S.S.). Il est conseillé dans les populations à risque.

Le virus de l'hépatite C (VHC)
C’est un virus à ARN caractérisé par une grande variabilité de son génome. Il est très résistant et peut rester 2 jours à l’air libre. Il existe 6 principaux génotypes. En France, Les génotypes 1 (70%), 3 (20%) et 2 (10%) sont les plus fréquents
Le VHC peut se transmettre par voie sanguine (toxicomanie intraveineuse, transfusion avant 1992), lors des actes médicaux « invasifs » (coloscopie…), surtout avant 1997, lors de l’hémodialyse, lors d’un accident d’exposition au sang chez les professionnels de santé. Il peut aussi se transmettre par voie sexuelle lors d’un contact avec le sang (rapport traumatique, lésions génitales le plus souvent associées à une IST [herpès++], pendant les règles), rarement de la femme enceinte à son enfant, bien que le risque soit plus fréquent chez la mère atteinte par le VIH.
L’hépatite aiguë est dans 90% asymptomatique. Parfois, un syndrome grippal, des signes digestifs (anorexie, nausées, diarrhée), une éruption cutanée (urticaire) peuvent survenir.
L’ARN du VHC est le premier marqueur (7 à 21 j après la contamination) puis les transaminases augmentent plus tardivement (2 à 4 semaines). Les anticorps anti-VHC apparaissent 20 à 150 j après la contamination.
Le diagnostic repose sur la détection d’anticorps anti-VHC. Si le test est positif ou s’il persiste un doute, un second test ELISA ou un dosage de la charge virale (PCR) est réalisé.
C’est l’hépatite la plus répandue. Elle guérit spontanément dans 20 % des cas, mais devient chronique dans 80 % des cas. Dans sa forme chronique, l’hépatite C peut, chez une partie des personnes, entraîner à long terme une cirrhose et/ou un hépatocarcinome.
Il n’existe aucun vaccin contre l’hépatite C.

Le virus de l’hépatite D (VHD)
C’est un virus à ARN non enveloppé. Pour se multiplier, il utilise les enveloppes vides du VHB. Il n’infecte donc que les personnes déjà infectées par le VHB, soit que l’infection soit simultanée par le VHB et le VHD, soit que le VHD surinfecte une hépatite B chronique.
Son infection est rare. Il est fréquent en Italie du Sud et en Europe de l’Est et dans certains pays d’Afrique.
Il se transmet de la même manière que le VHB. Il semble que les toxicomanes et les homosexuels soient plus touchés que d’autres.

Modes de transmission communs aux Hépatites B et C
Partage des seringues et du matériel nécessaire à la préparation du shoot (eau, cuillère, coton).
Partage d’une paille lors d’un sniff : la paille peut être en contact avec des lésions des muqueuses du nez, très fréquentes en cas de sniff.
Tatouages, piercing lorsqu’ils sont faits dans de mauvaises conditions d’hygiène.
La transmission sexuelle du virus de l’hépatite B est fréquente. En revanche, elle est extrêmement rare pour l’hépatite C. Cependant, le risque est augmenté en cas de rapports sexuels impliquant un contact avec du sang : lésions génitales, règles pour la femme, rapports anaux.
Il n’y a aucun risque de transmission de l’hépatite C par le baiser.


Diagnostic-Dépistage

La première phase de l’infection est appelée hépatite aiguë : c’est le moment du contact de l’organisme avec le virus de l’hépatite. Elle passe le plus souvent inaperçue ou bien se manifeste par une asthénie, un syndrome grippal et parfois par un ictère.
Plus rarement, le diagnostic d’hépatite virale peut être posé sur des douleurs articulaires, une atteinte rénale, une réaction immunitaire (cryoglobulinémie), une atteinte nerveuse (neuropathie), une éruption cutanée.
Le diagnostic repose sur la recherche d’anticorps d’un des virus, stigmate du contact avec le virus, lors d’une prise de sang (sérologie). Un résultat positif signifie que l’on a été en contact avec le virus. Certains restent positifs alors que le virus a été éliminé de l’organisme. D’autres tests sont alors réalisés à la recherche de la présence du virus dans le sang (antigène, PCR pour le VHC). Si ce deuxième test est positif, cela signifie que l’on est atteint d’une hépatite chronique.
Les transaminases (ASAT, ALAT) peuvent être élevées à la phase initiale de l’infection puis se normaliser ou rester modérément élevées lorsque l’hépatite se chronicise.
Chez les personnes atteintes par le VIH qui ont peu de CD4, le premier test n’est pas toujours fiable. On cherchera alors systématiquement la présence du virus. En effet, il est indispensable chez les sujets infectés par le VIH de rechercher une infection par le VHC, car on estime qu’un tiers des patients ayant le VIH sont aussi infecté par le VHC. Le diagnostic précoce permet une prise en charge sans délai et de limiter l’évolution de l’hépatite.

Le dépistage de l’hépatite C peut se faire dans un Centre d’Information et de Dépistage Gratuit et Anonyme (CIDAG), gratuitement et de manière anonyme Il peut aussi se faire dans un laboratoire d’analyses médicales, sur prescription.

Evolution

Le premier contact du virus avec l’organisme passe le plus souvent inaperçu (pas de symptômes ou des signes non spécifiques comme de la fatigue, un syndrome pseudo-grippal). L’infection par le virus de l’hépatite A peut être plus symptomatique.
Dans un certain nombre de cas, l’organisme parvient à éliminer le virus et la personne guérit spontanément en quelques semaines. Mais dans d’autres cas, le virus reste dans l’organisme et l’hépatite devient chronique. Contrairement aux hépatites C et B, une hépatite A ne devient jamais chronique. L’hépatite chronique peut être minime, très peu évolutive et ne jamais provoquer de complication, ou bien devenir active. Une hépatite chronique est dite active lorsque le virus continue à se multiplier et à détruire les cellules du foie. Sans traitement, elle peut aboutir à une cirrhose avec ses complications propres ou un hépatocarcinome dans les 10 à 20 ans qui suivent la contamination.
La cirrhose se caractérise par une fibrose du foie, secondaire aux « cicatrices » et à la destruction des hépatocytes infectés par le virus. La cirrhose peut se compliquer d’hypertension portale (augmentation de la pression dans les veines splanchniques du tube digestif) entraînant des varices de l’œsophage qui peuvent saigner et donner des hémorragies digestives (vomissements de sang, sang par l’anus) parfois cataclysmiques, l’apparition d’ascite (=liquide parfois en grande quantité dans la cavité abdominale) qui peut s’infecter, d’ictère, et en cas de maladie hépatique avancée, d’altération de la fonction rénale et de trouble de la conscience voire coma (encéphalopathie hépatique).
L’infection des hépatocytes entraîne leur destruction. Lorsque de très nombreux hépatocytes ont été détruits, le foie peut ne plus assurer ses fonctions (insuffisance hépato-cellulaire). La prise de toxiques pour le foie (alcool, certains médicaments) peut accélérer et aggraver la destruction du foie.
La co-infection par le VIH rend l’évolution de l’hépatite plus rapide.


Traitements

Un suivi dans un centre de référence est indispensable.

Objectifs
Pour l’hépatite C, les traitements ont deux objectifs : éliminer le virus et/ou ralentir l’évolution de la maladie.
Pour l’hépatite B, les traitements ne permettent pas de se débarrasser du virus. En revanche, ils servent à contrôler la réplication du virus et à stabiliser l’hépatite de façon durable.
Dans certains cas, un traitement est instauré uniquement pour éviter l’aggravation des lésions du foie, voire pour le restaurer.

Décisions de traitement
Toutes les hépatites n’ont pas besoin d’être traitées. Pour le savoir, il faut généralement évaluer l’atteinte du foie en pratiquant une biopsie du foie sous anesthésie locale le plus souvent. Cet examen consiste à prélever à l’aide d’une aiguille quelques cellules du foie pour les analyser (Score Métavir : importance des lésions des hépatocytes, de l’inflammation et de la fibrose)
Si les résultats indiquent que l’atteinte hépatique n’est pas trop avancée, une simple surveillance régulière est suffisante.
Dans certains cas la biopsie n’est pas nécessaire à l’initiation du traitement.
Le traitement de l’hépatite dans sa phase aiguë (contamination récente) permet de réduire les risques que le virus ne s’installe de manière chronique.

Traitements disponibles
Pour l’hépatite C, le traitement repose actuellement sur l’interféron pégylé (1 injection 1 fois par semaine) et la prise quotidienne de ribavirine. Sa durée varie de 6 à 12 mois. Il existe plusieurs types de VHC. Les VHC de type 2 et 3 sont les plus faciles à éliminer.
Pour l’hépatite B, l’interféron alpha (1 injection 3 fois par semaine) peut être utilisé. Il constitue le traitement de référence. Cependant, il présente de nombreux effets secondaires. La lamivudine a une bonne efficacité initialement. Mais des résistances surviennent rapidement. Elle constitue une alternative au traitement par interféron alpha pour les patients peu ou non répondeurs ou qui présentent une contre-indication.
Dans tous les cas, il faut éviter la prise associée de médicaments hépatotoxiques.

Complications du traitement
Ces traitements lourds ne sont pas dénués d’effets indésirables parfois lourds. Ils sont variables d’un individu à l’autre. Ainsi, une asthénie est fréquente. Les patients peuvent devenir dépressifs, anxieux, irritables. Un soutien psychologique peut aider. Lors de l’injection d’interféron, un syndrome pseudo-grippal (fièvre, frisson, douleur musculaire) peut survenir. La prise de paracétamol peut en atténuer les symptômes. Des dysfonctionnements de la glande thyroïde, une diminution du nombre des plaquettes ou des globules blancs peuvent aussi survenir. Des réactions cutanées aux points de ponction ont été rapportées.

Prévention

Précautions à prendre dans la vie courante
Ne pas partager des objets d’hygiène susceptibles d’être en contact avec le sang : rasoirs, brosses à dents
Ne pas partager des objets pouvant être en contact avec le sang : seringue et matériel de préparation (eau, cuillère, citron, coton), rasoirs, brosse à dents, coupe-ongles.
Utiliser un préservatif en cas d’hépatite B. En ce qui concerne l’hépatite C, le préservatif est recommandé en présence de lésions génitales, rapports anaux, et règles chez la femme.
La limitation des toxiques hépatiques (alcool, certains médicaments) est aussi impérative.

Vaccination
Un vaccin efficace existe pour l’hépatite A et l’hépatite B. La vaccination contre le virus de l’hépatite A est conseillée lors d’un séjour dans un pays aux conditions d’hygiène alimentaire faibles et en cas d’infection par le VHB ou le VHC.
La vaccination contre l’hépatite B est conseillée pour l’entourage familial des patients ayant une hépatite B, les homosexuels, les toxicomanes. Elle est obligatoire pour les personnels de santé.
Il n’existe pas à l’heure actuelle de vaccin contre l’hépatite C.
VIH et Hépatite C

Quand on est séropositif au VIH, l’hépatite C est plus virulente et évolue plus vite. Il est donc essentiel de se faire dépister pour se faire suivre. En France, on estime qu’un tiers des séropositifs au VIH ont aussi une hépatite C.

Comment traiter les 2 maladies
D’abord le VIH, ensuite l’hépatite C
La priorité est en général donnée au traitement contre le VIH (trithérapie pour restaurer une immunité).

Une fois le VIH stabilisé, le traitement de l’hépatite C peut s’envisager :
Un traitement contre le VIH est en cours : il est possible de prendre en même temps un traitement contre l’hépatite C. Les effets indésirables des traitements peuvent être majorés.
Pas de traitement contre le VIH en cours : c’est peut-être le moment opportun de débuter un traitement contre l’hépatite C. Cela évite de cumuler les effets indésirables des 2 traitements et le suivi du traitement est plus facile.

Quand débuter le traitement
L’instauration du traitement est rarement urgente. La consultation d’un spécialiste des 2 infections permettra de choisir le moment opportun.


Grossesse et Hépatite C

Le risque de transmission du VHC de la mère à l’enfant n’existe que si le virus est circulant (phase virémique). Il est d’environ 5%. Les mères co-infectées par le VHC et le VIH ont un risque accru de transmission du VHC au nouveau-né (>20%). La transmission pourrait avoir lieu lors de l’accouchement.
La grossesse n’est pas contre-indiquée chez la femme atteinte d’hépatite C chronique. L’existence d’une infection par le VHC ne contre-indique pas l’accouchement par voie basse. L’allaitement n’est pas contre-indiqué.
Néanmoins, en cas de traitement pour l’hépatite C, la grossesse est contre-indiquée (risque de malformation). La grossesse peut être envisagée chez la femme 4 mois après l’arrêt du traitement de l’hépatite C et 7 mois après l’arrêt du traitement chez l’homme (modifications des spermatozoïdes).
Le diagnostic d’infection par le VHC chez un enfant né de mère atteinte par le VHC repose sur la détection de virus dans le sang (PCR) qui a lieu entre l’age de 3 mois et 12 mois. Un test de dépistage (sérologie) pratiqué avant l’age de 12 mois peut être positif sans que l’enfant ne soit atteint par le VHC (présence d’anticorps de la mère transmis à l’enfant).
La détection de l’ARN du VHC dans le sang signe le diagnostic d’infection à VHC. Une surveillance est nécessaire. L’évolution semble généralement bénigne chez l’enfant et elle n’est pas traitée.